jeudi 1 juin 2017

A propos d'éthique et de déontologie

Donner et accepter des cadeaux, ça a toujours contribué à améliorer les relations entre individus. A ma connaissance tant que ça reste d'un niveau "raisonnable" c'est presque toujours légal. 
Cependant, dans certaines situations, il peut y avoir suspicion et certains établissent des règles spécifiques pour éviter d'ouvrir le flan à la critique.
J'ai en mémoire certains "codes de déontologie" mis en place pour préciser ces règles spécifiques. Avec en plus un "comité d'éthique" pour en suivre le respect voire le faire évoluer, ce semble un bon arsenal défensif et surtout donner confiance avec qui on traite.

Ethique et déontologie

Pourquoi un code de déontologie ? Pour préciser les règles et devoirs applicables à un ensemble de personnes, à un métier, à une corporation... aux relations avec les clients ou fournisseurs, l'essentiel étant de bien connaître le domaine d'application et surtout comment l'information a été déployée : nul n'est censé ignorer la loi mais c'est encore mieux quand il y a une attestation associée.

Disposer d'un comité d'éthique, ça aide à s'assurer de la pérennité du sujet. 

Je n'ai pas la prétention ici de disserter sur l'écart entre morale et éthique, je conserverai juste comme définition celle qui considère l'éthique comme un raisonnement critique sur la moralité des actions. 

Dans le domaine privé ce me semble une pratique courante d'investir de façon préventive sur ces sujets. 

La légalité d'une action n'a rien à voir avec sa moralité, quand on parle de moralisation de la vie publique j'espère qu'on a bien à l'esprit cet écart et surtout qu'on ne va pas devoir légiférer sur tout  et en particulier devoir définir la moralité.

Serait-ce moral qu'un responsable d'une entité qui aurait connaissance des réponses à un appel d'offre puisse faire répondre à un de ses proches avec une offre inférieure afin de décrocher le marché ?

Vous me répondriez peut-être que c'est légal, que l'entité a fait des économies, d'ailleurs si le responsable a sauvé d'un désastre financier l'entité dont il a la charge, qui va lui reprocher la moindre chose ? Mais si l'opération a pu être réalisée sans apport et a permis de dégager de la valeur au favorisé, pourquoi l'entité n'a-t-elle pas réalisé directement l'opération ? En voila des questions qui mériteraient une analyse critique.

Répondre que les électeurs pourront donner leur avis lors d'une consultation c'est oublier que devoir choisir entre la peste et le choléra n'a jamais donné une quelconque légitimité à la maladie qui aurait été choisie. 

Avoir un raisonnement critique sur la moralité d'une action serait préférable. 

Les affaires lors de la présidentielle de 2017 ont mis en exergue un certain nombre de pratiques qui ont décrédibilisé le chevalier blanc voire toute la classe politique.

Un nouveau chevalier blanc se profilait avec une promesse de moralisation de la vie publique. Là ça ressemble à avant... mêmes réponses données face aux mêmes problèmes. 

Mitterand avait mis en place le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé, il serait temps d'en ouvrir un autre pour ce genre de questions et ainsi éviter à notre exécutif d'ouvrir son flan à la critique, facile dans ce cas précis.

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